lundi 9 novembre 2009

Fenêtre sur cour

La semaine dernière, à l’heure mutante du matin, entre les baffes du vent et celles de la pluie, j’ai entendu le petit carillon de mon voisin. Fragile et soumis ficelé à la rambarde, dans sa lutte impressionnante, même balloté et fouetté par le temps, il semblait s’en foutre, il en faisait quelque chose de tout ce qui souffle, malmène et renverse. Il jouait son air. Je l’ai écouté un petit moment, immobile dans mon lit. Il me parlait de danses et de tourbillons... Et je me suis vue sourire parce que lorsque je regarde tout autour les histoires naissantes, celles qui prennent vie en chair et en os, celles qui se dessinent plus fébrilement et qui trébuchent par trac ou maladresse et puis celles qui s’attirent et qui savent se le dire, celles qui s’activent qui tissent et attisent, pas froid aux yeux, c’est un peu comme cet air qui sait filtrer la lumière.
Elles sont capables de ça et rien que ça, c’est un sourire qui me laisse sans voix.

dimanche 8 novembre 2009

Absences

Si elle était là cette nuit, je sais ce qu'elle me dirait. Elle serait un peu en colère et je ne pourrais pas lui en vouloir. Je ne serais pas très fière de moi. Je ne le suis pas.
Quand elle rentrera, elle me demandera pourquoi. Et je ne pourrai pas répondre. Elle me dira qu'il est peut-être temps et je serai d'accord avec ça.

samedi 7 novembre 2009

En dehors

La nuit dernière, la seine, encore, les reflets sur l’eau noire, la vue sur le pont, le réel de plus en plus impalpable. Je ne sais pas pourquoi, passé un certain seuil, chez A, il y a toujours cette atmosphère brumeuse qui brouille tout... Et je me retrouve dans la pénombre calée dans ses immenses fauteuils faits pour la baise comme en dehors de moi-même. Des mains se pressent sur mes cuisses, leurs sourires se collent sur mes lèvres…ça tourne trop vite tout autour…Quelques instants plus tard, debout sur le balcon, dans le froid à fumer, je sais déjà que je vais refuser la proposition de J., je me tiens à cette idée tandis qu’à l’intérieur des verres se brisent, des épaules se dénudent, des corps se renversent, s’allongent, se plaquent, des voix se chauffent, des lèvres mouillent, dans les toilettes des lignes s’enfilent dans des billets de 50 euros…Et pour une fois je refuserai d’en prendre et j’en suis plutôt fière sur l’instant même si très vite ma petite voix me tiraille pourquoi t’as dit non alors que t’en crèves ? Vas-y prends en, il n’est pas trop tard, dis oui putain ! Déconne pas ! Mais qu’est ce que tu fous bordel ? Demain ça se paiera je le sais par un torticolis peut-être ou une envie pressante et je m’en mordrais les lèvres? Comme à chaque fois que je fais le contraire de tout ce que je désire…Pourtant la seule chose que je désire c’est…D’un coup c’est tellement limpide… tout ce qui me saute aux yeux, là dans cet appart’ où ne brillent que les flammes des bougies… la tristesse et l’ennui de toutes ces filles… La tristesse et l’ennui, la mienne, la sienne, la leur, toutes, la tristesse et l’ennui noyées dans des verres, sous des sourires en poudres. Et A. toujours aussi lumineuse et paumée avec son arrogance en béton armé…froide et implacable, si sévère envers elle-même que c’en est renversant quand elle te caresse la joue et les hanches avec ce sourire que je connais si bien…Lui éviter de faire la seule chose qu’elle pourrait regretter… Et pour couronner le tout, K. vient me perturber en concluant « tu es une vraie gentille toi » pff non des fois j’aimerais juste qu’en soirée elle laisse de côté son job de psy… A trois heures sur le pont, je tangue un peu sur le trottoir, je regarde la ville, la nuit, je me parle, je parle à la lune comme avant… je ne pense qu’à mon lit… juste envie de fermer les yeux sur cette nuit en dehors de tout et pourtant…peut-être au plus près de moi-même.

jeudi 5 novembre 2009

Sans issue...

Elle s’immisce et s’agite au creux de mon ventre, me retourne la peau à m’en arracher le cerveau. C’est à en crever, toutes ces luttes incessantes, tous ces désirs brûlants comme ces fantasmes jamais avoués. J’ai beau me débattre, rien n’y fait, y a toutes ces sangles qui s’abattent. Les pulsions qui me déchirent, m’effraient à tel point qu’elles m’attirent. Toujours, toujours plus loin.

Le cœur en accéléré, dans ce réel dilué, électrique et allumée, fais-moi court-circuiter !

mardi 3 novembre 2009

Taste in

07H35 j’enfile un vieux pull marin les yeux dans le ciel putain j’arrive toujours pas à buter tout ça 06H36 je me retourne dans mes vertiges 05H25 je veux me fuir m’enfuir je me surprends la bouche sous le jet du robinet ça gicle un peu partout au contact de l’eau des sillons sur ma peau 04H20 encore une fois pieds nus sur le carrelage j’essaie de noyer les cris 03H25 je soulève mes draps j’ai soif 02H22 je me déshabille pas très lucide…

jeudi 29 octobre 2009

Performance

Gina Pane



lundi 26 octobre 2009

Leaving...

Eteindre sa vie d'avant comme on éteint la lampe.

En silence.